Cesc Fabregas s'est imposé depuis son arrivée à Arsenal en provenance de Barcelone il y a cinq ans comme un véritable tôlier des Gunners. Avec actuellement 198 matches, 26 buts et 51 passes décisives, en cinq saisons avec Arsenal, l'espagnol de seulement 21 ans, devenu une véritable star dans le monde du football nous explique dans "l'Equipe Magazine", son arrivée à Londres.
Première entraînement avec Arsenal
C'était à la fin de l'été 2003. J'avais un peu plus 16 ans. Je sortais de l'équipe de ma classe d'âge au FC Barcelone et Arsène Wenger m'a intégré directement à l'entraînement de l'équipe première ! Comme c'était une semaine de matches internationaux, l'essentiel de l'effectif était parti en sélection mais il restait Kanu, Bergkamp, Touré, Keown et d'autres célébrités. (...) J'étais tellement surexcité que je criais pour réclamer la balle, je levais les bras, je courais partout... (...) Tout à coup, Kolo Touré m'a mis un gros tacle par-derrière. J'ai volé et je me suis retrouvé au sol. Personne n'a bronché. Kolo n'a pas voulu me bizuter ou me remettre à ma place. Simplement, à ses yeux, je n'avais pas à bénéficier d'un traitement de faveur malgré mon âge. Il avait raison. La surprise passée, j'ai réalisé que j'avais changé de monde.
Devenu un Gunner à part entière
Nous étions à Highbury pour un entraînement, précédé de la présentation de l'équipe avec photo officielle à la clé. En tant que joueur de la réserve, je m'étais mis à l'écart. C'est alors qu'Arsène Wenger s'est dirigé vers moi. Il m'a dit « Cesc, tu as un nouveau numéro, le 15. Dorénavant, tu es membre de l'équipe première. » Il m'a félicité puis on m'a appelé pour la prise de vue. J'étais tellement ému que je ne me rappelle plus quels coéquipiers m'encadraient sur la photo. Le coach était assis au premier rang avec le trophée de champion d'Angleterre 2004 devant lui. J'étais sous le choc. En choisissant Arsenal, l'année précédente, je n'avais pas du tout l'objectif d'intégrer l'effectif pro au bout d'une saison, à 17 ans. J'étais prêt à attendre trois ou quatre ans avant d'y parvenir. J'ai téléphoné à tout le monde pour dire mon bonheur. J'ai vraiment réalisé le jour suivant, quand j'ai déménagé mes affaires du vestiaire de la réserve à celui de l'équipe première. Mon placard était voisin de celui de Thierry (Henry) puisqu'il portait le numéro 14. Ça aussi, c'était incroyable! Mais il ne fallait pas que ça m'anesthésie. Je me devais d'être réservé, voire timide, dans le vestiaire mais, deux minutes plus tard, sur le terrain, je ne devais plus être impressionné et traiter d'égal à égal avec les Campbell, Lehmann, Vieira, Henry, Pires, Bergkamp...